Incontinence urinaire masculine et féminine

D’une manière générale, l’incontinence urinaire est la perte involontaire et incontrôlée des urines, dont les mécanismes peuvent être complexes.

C’est un bilan complet pour chaque patiente qui permet de déterminer les mécanismes en cause.

Un bilan pouvant comprendre :

  • Un entretien précis
  • Puis un examen clinique gynécologique et urologique,

Parfois :

  • une cystoscopie avec des tests de provocation et de correction des fuites,
  • et également un bilan urodynamique.

A noter que le caractère mixte et plurifactoriel de l’incontinence urinaire, peut rendre quelquefois les décisions thérapeutiques difficiles, voire aléatoires dans leur résultat.

 

L’INCONTINENCE URINAIRE A L’EFFORT

L’incontinence urinaire à l’effort : les fuites à la toux, au rire, à l’éternuement, à la course à pied, etc… ou parfois simplement à la marche ou au changement de position.

L’incontinence urinaire à l’effort est liée à un problème anatomique de soutien du canal de l’urètre associé à une insuffisance sphinctérienne (faiblesse du muscle en forme d’anneau autour du canal de l’urètre).

 

L’HYPERACTIVITÉ VÉSICALE : SENSATION DE MICTION URGENTE AVEC OU SANS INCONTINENCE URINAIRE

En cas d’incontinence urinaire par urgence, c’est l’hyperactivité du muscle de la vessie qu’il faut essayer de contenir ou de réguler.

Les traitements initiaux font appel aux thérapies comportementales et aux traitements médicamenteux.

La « rééducation vésicale » a pour but de supprimer les contractions involontaires du muscle de la vessie par la stimulation indirecte d’un réflexe inhibant ce muscle.

Cet « entraînement » de la vessie est généralement complété par des exercices permettant de renforcer la musculature du périnée. On apprend aux patientes à contracter cette musculature quand survient une contraction involontaire ou quand elles se trouvent dans une situation à risque de fuite urinaire.

Traitements

Les médicaments de l’hyperactivité vésicale : des traitements utiles et efficaces !

Les antagonistes des récepteurs muscariniques ou les anti-muscariniques, aussi appelés « anticholinergiques », constituent la pierre angulaire du traitement de l’hyperactivité vésicale. Ils diminuent les contractions du muscle de la vessie, ce qui se traduit par une diminution des urgences mictionnelles, de la fréquence des mictions et du risque de fuite urinaire.

Outre leur action sur la vessie, les anticholinergiques agissent également sur d’autres organes, ce qui explique leurs effets secondaires. Il y a différents médicaments de cette famille : flavoxate, oxybutynine, toltérodine, chlorure de trospium, succinate de solifénacine, fumarate de fésotérodine.

Il existe aussi le mirabegron. C’est le premier représentant d’une nouvelle classe pharmacologique antispasmodique urinaire (agoniste puissant et sélectif des récepteurs bêta 3-adrénergiques), indiqué chez les patients adultes présentant une hyperactivité vésicale, à l’origine d’une incontinence urinaire par impériosité ou d’une pollakiurie. Il favorise le stockage de l’urine dans la vessie par une relaxation musculaire.

En cas d’échec de ces médicaments, d’autres thérapeutiques peuvent être parfois proposées :

La neuromodulation sacrée est utilisé dans cette indication depuis plus de 20 ans maintenant. Son efficacité est de l’ordre de 70% d’amélioration avec une stabilité dans le temps des résultats de 60%.

L’injection de toxine botulique est utilisée dans les hyperactivités vésicales depuis quelques années.

La rééducation périnéo-sphinctérienne

Afin de réapprendre à contrôler son périnée et ses sphincters, elle comprend la rééducation pratiquée à l’aide d’un kinésithérapeute ainsi que les exercices à faire chez soi ; elle est souvent très utile et facile à mettre en œuvre.

Cependant, l’ancienneté des troubles, l’importance des fuites, et un défaut anatomique du soutien de l’urètre important sont des facteurs  prédictifs d’un mauvais résultat de cette rééducation. En l’absence d’amélioration au bout d’une quinzaine de séances, la poursuite peut se discuter.

La chirurgie : les bandelettes sous-urétrales

Le traitement de l’incontinence urinaire à l’effort a été révolutionné au cours des années 90 par l’arrivée des bandelettes sous-urétrales. Le principe est de restaurer le soutien perdu de l’urètre.

C’est le traitement chirurgical de référence : les résultats de la bandelette sous-urétrale sont très satisfaisants avec plus de 80% de guérison avec un recul de 20 ans maintenant. Les complications sont rares mais nécessitent une surveillance attentive.

Le sphincter urinaire artificiel

Parfois la situation médicale de la patiente et l’origine de l’incontinence urinaire sont plus complexes.

Le sphincter urinaire artificiel peut être une solution !

Lorsque la détérioration du sphincter urinaire est importante, il peut être parfois nécessaire de proposer une prothèse.

Celle-ci vise à suppléer le sphincter incompétent en assurant la fermeture du canal de l’urètre. La continence se retrouve ainsi rétablie !

La prothèse doit être ouverte manuellement pour pouvoir vider sa vessie.

L’implantation d’un sphincter artificiel représente le traitement de référence et pour lequel on connaît les résultats à long terme (30 ans). Il permet une disparition complète des fuites dans plus de 80% des cas et préserve le cycle naturel de remplissage puis de vidange vésical.

C’est donc le traitement le plus respectueux de la physiologie naturelle.